Maternité

Devenir mère : premières réflexions d’une maman débutante

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J’ai entendu pour la première fois le concept de matrescence à travers le podcast du même nom de Clémentine Sarlat, même s’il reprend en réalité un terme développé par Alexandra Sacks : celui qu’au moment où un enfant naît, c’est aussi celui d’une mère.

Même si j’avais écouté le podcast la Matrescence et avait lu quelques articles sur le 4ème trimestre, il est indéniable que devenir mère est un vrai chamboulement. Devenir mère, c’est être confrontée à des défis particuliers, que je n’avais pas appréhendés réellement jusque là. Je sais que ces réflexions risquent de changer avec le temps, mais en tout cas, voici ce qui a changé ces trois premiers mois depuis que je suis devenue mère.

1. J’ai dû apprendre à être flexible

Il y a les principes… et ensuite il y a la réalité !

Avant d’avoir bébé Chipmunk dans les bras, j’avais plein de principes. Et je me rends compte que quand des amis nous parlaient de ce qu’ils faisaient avec leurs enfants, je me disais dans ma tête “de toute façon, cette situation ne nous arrivera pas car nous ne ferons pas comme eux”. 

Par exemple, nous avions acheté un lit de cododo (ceux qui se mettent à côté du lit parental) pour respecter le plus possible les normes de sécurité et avoir bébé Chipmunk dans notre chambre. Sauf que bébé Chipmunk ne dormait pas du tout dans le lit et criait dès qu’on la posait dedans. Et bien, on s’est résolu à faire du cododo dans le même lit, même si nous ne l’avions pas du tout envisagé.

De la même façon, même si c’est complètement déconseillé dans tous les livres, j’ai fini par laisser bébé Chipmunk dormir sur moi dans la journée, car elle ne dormais pas ailleurs. Mieux valait qu’elle dorme, et c’était simplement une évaluation du risque vs les bénéfices.

Etre maman, c’est se rendre compte qu’il y a la théorie – souvent très belle – décrite dans les livres, et la réalité. Comme me disait une amie, les bébés n’ont pas lu les livres sur la maternité. Ca m’a rendu beaucoup plus pragmatique et ouverte d’esprit.

Et cette flexibilité s’accompagne d’une plus grande empathie par rapport aux autres. J’ai beaucoup plus de mal à porter un jugement accusateur sur les gens. Je suis ainsi incapable de juger une maman et la façon dont elle élève son enfant car je sais à quel point ça peut être difficile et qu’on fait toutes de notre mieux.

Peu importe les choix qu’elle a fait (tétine / allaitement ou biberon etc.), quand je vois une maman, j’ai juste envie de lui sourire. Et cette empathie est d’autant plus accrue que j’ai aussi une plus grande conscience des épreuves qu’une maman peut rencontrer, notamment la charge mentale que représente un bébé, la possibilité de se  retrouver désemparée car le bébé se met à pleurer dans la rue, les difficultés de l’accouchement etc.

Ainsi, je ne suis plus en colère quand les gens sont en retard haha.

Apprendre à être flexible car les défis changent chaque jour

Ce qui est intéressant (et fatigant haha) avec un bébé, c’est que les défis changent chaque jour. Au début, on a du mal avec certaines choses. Ensuite, les choses qui marchaient ne fonctionnent plus avec le bébé. Et on se rend compte que “Tadaaa ! Ce qui n’était pas un problème est devenu le sujet numéro 1”.

C’est assez drôle car chaque jour, avec Mr Platypus, on fait un peu le bilan de ce qui a été difficile, ce qui a fonctionné et ce qu’on compte essayer le lendemain. Oui, on apprend à être flexible quand on devient parent car le bébé nous oblige à l’être !

2. J’essaie de me concentrer sur l’essentiel

Apprécier le moment présent 

Un des points que j’associerais à l’appréciation du moment présent, c’est l’acceptation de la temporalité de l’enfant. Son rythme n’est pas le mien. Et c’est quand j’ai essayé d’arrêter de caler son rythme au mien que j’ai peu à peu allégé mon esprit. 

Au début, le fait que bébé Chipmunk prenne des heures à téter (au moins deux heures juste avant de dormir la nuit) me rendait folle car j’avais l’impression de perdre du temps. J’avais autre chose à faire ! Je lui en voulais d’aspirer mes journées que je voulais moi même remplir de beaucoup de choses. 

Ce n’est qu’après un certain temps que je me suis rendue compte que ce temps passé avec elle est un temps précieux

Simplement observer mon enfant me permettait d’avoir plus conscience du présent, et de mieux l’apprécier. Ma mère m’a dit une fois quelque chose qui m’a frappée : “Regarde ce sourire et réjouis toi de pouvoir le voir”. C’est vrai. En acceptant simplement la temporalité de bébé Chipmunk, j’ai pu me réjouir d’être avec elle et de profiter du moment présent. 

Se poser des questions sur les valeurs qu’on veut transmettre

Le fait de devenir maman a été également source d’une réflexion sur les valeurs que je voulais développer dans ma vie. Au moment où je suis tombée enceinte, je me suis demandée ce que je voulais transmettre à bébé Chipmunk qui n’était pas forcément lié à des connaissances ou du matériel (le fameux triptyque capital culturel, capital économique et capital social de Bourdieu).

Je crois qu’on transmet à ses enfants ce qu’on est, et les valeurs qui sont profondément enracinées en soi. Devenir mère m’a donnée la motivation encore plus d’être une meilleure version de moi-même et de développer un calme intérieur pour que bébé Chipmunk le ressente également. Surtout que les bébés sont des éponges à émotions. Et je dois reconnaître, ce n’est pas forcément facile dans cette période où tout semble chamboulé dans la vie de tous les jours !

3. J’ai dû apprendre à faire confiance à mon bébé

J’ai arrêté de comparer bébé Chipmunk avec les autres

Je ne pensais pas que c’était une tendance que j’aurais, mais au début, j’avais toujours envie de comparer les autres bébés avec le mien. Est-ce que les bébés des autres faisaient déjà leurs nuits ? Est-ce qu’ils avaient réussi à sourire ? Comment se tenaient il sur le ventre ? Est-ce qu’ils étaient plus gros que le mien ?

Je pense que cette comparaison était liée au manque de confiance en moi. Je voulais être sûre que je me comportais en “bonne maman”. Et puis, j’ai réalisé que chaque bébé avait son développement propre, et je me suis émerveillée de voir les évolutions de chacun des bébés de mes amies. L’un était beaucoup plus souriant et plus bavard que bébé Chipmunk, mais il n’avait pas encore développé encore sa conscience de son pouce. L’autre faisait telle chose. 

Au final, peu importe si bébé Chipmunk pouvait être moins avancée sur certains sujets, car il était certain qu’elle finirait par acquérir les compétences. Et je trouve vraiment chouette de voir comment chaque bébé évolue à son rythme, chacun à leur façon. Je les trouvais tous merveilleux. C’est comme ça que j’ai arrêté de me comparer aux autres. C’est fou comment les bébés m’ont appris plein de choses héhé smile

Je me suis rendue compte que je ne peux pas tout contrôler

Une autre chose qui a été un peu plus compliquée pour moi : me rendre compte que pour respecter mon bébé, je ne pouvais pas tout contrôler

Un des points les plus difficiles à admettre, c’est que mon bébé ne rentre pas dans des cases. Et bébé Chipmunk ne ressemblait pas aux bébés décrits dans les livres : elle ne dormait presque pas la journée. Je me suis beaucoup mise la pression sur ce sujet, car j’avais l’impression que j’avais failli à mon rôle de maman – celui d’endormir mon enfant. Et le pire étant que je lisais qu’un enfant qui ne faisait pas assez de siestes dormirait encore moins bien la nuit. La poisse ! Je n’arrivais pas à faire en sorte que bébé Chipmunk fasse des siestes et c’était donc de ma faute si elle se réveillait la nuit. En tout cas, c’est comme ça que je voyais les choses.

Je crois que pour mon bien être mental, j’ai dû sortir de cette façon de penser mais ce n’est pas facile. Même maintenant.

Apprendre à ne pas tout contrôler, c’est accepter que son bébé est unique et qu’il ne coche parfois pas toutes les “cases théoriques”. J’ai dû faire le deuil du bébé parfait (même si je pense que bébé Chipmunk est parfaite) et lui faire confiance.

Le plus important pour moi, c’est qu’on passe des bons moments ensemble au moment de coucher bébé Chipmunk tout en constatant qu’elle se développait bien de son côté.

4. J’ai dû apprendre à me faire confiance 

Accepter de ne pas être parfaite et être bienveillante avec soi même

En Angleterre (et peut-être en France), il y a pléthore d’activités à faire avec un nouveau né : le yoga avec bébé, les bébé nageurs, les “sensory classes”, la danse avec bébé, les cours de musique avec bébé etc. J’en passe. 

Je fais partie d’un groupe de mamans et beaucoup étaient inscrites à plein de cours. Je me suis sentie coupable au début de ne pas y aller. J’avais l’impression de ne pas offrir le meilleur à bébé Chipmunk. Car en réalité, je ne me sentais pas capable de :

  • Me mettre la pression d’être à l’heure 
  • Marcher 30 min dans le froid et sous la pluie (car j’habite en Angleterre !) pour un cours où bébé Chipmunk serait en train de dormir
  • Etre stressée car ce serait l’heure où bébé Chipmunk devrait dormir mais ne dort pas car elle n’arrive pas à dormir à l’extérieur

Je considérais ainsi mon incapacité à m’inscrire aux cours comme un reflet de mes lacunes ou de mes faiblesses. Et je ne me suis inscrite à aucun cours les trois premiers mois. D’ailleurs, je verrai pour les prochains mois haha.

Là encore, c’est une bonne idée d’arrêter de se mettre la pression et de vouloir être parfaite. Et ça aide beaucoup à relativiser ! Je parle souvent de bienveillance (ici) et de perfectionnisme (ici), mais c’est vrai qu’il faut que je continue à développer de la bienveillance avec moi-même. Et puis de réaliser tout ce que je fais déjà pour bébé Chipmunk.

Savoir s’imposer en tant que mère

Je pense que ce qui peut me sembler compliqué, c’est la responsabilité que représente un bébé. Finalement, c’est un être qui dépend entièrement de ses parents. Et cette simple idée peut me déstabiliser.

Quand j’ai un doute, je trouve difficile d’entendre “Vous êtes la mère, vous savez ce qu’il y a de mieux pour votre enfant”. Franchement, j’ai juste envie de dire “Appelez un spécialiste ! Je ne sais pas”. J’ai toujours délégué le savoir aux spécialistes et aux livres. Sauf que cette fois-ci, les livres et les spécialistes ne sont pas les mieux placés.

D’une part parce que comme je l’évoquais plus haut, un bébé ne rentre pas forcément dans les cases. D’autre part, les conseils ne sont pas forcément tous bons pour vous. Chaque personne vous donne un conseil, qui a été bénéfique pour elle ou pour lui, mais ça ne veut pas dire qu’on doit le suivre.

Donc au final, on est obligé de se faire confiance et de ne suivre que les conseils avec lesquels on se sent à l’aise.

Surmonter les difficultés et se rendre compte qu’on est forte

Les débuts de l’allaitement n’ont pas été faciles. Je crois que ça a été ma première épreuve en tant que maman. Bébé Chipmunk semblait ne jamais vouloir s’arrêter de téter les premiers jours et j’ai eu beaucoup de doutes : est-ce que mon lait était suffisant pour elle ? Est-ce qu’elle tétait bien ou il y avait quelque chose qui se passait mal ? Nous avons demandé à une consultante en lactation, qui a regardé nos vidéos et nous a dit que tout semblait bien. 

Et pourtant, bébé Chipmunk continuait à téter pendant des heures encore quelques semaines après la montée de lait. J’ai lu plein d’articles dans des blogs, j’ai eu des doutes sur ma capacité à y arriver. Je n’ai tenu simplement que parce qu’à la fin, je ne me fixais plus d’objectif. Je voyais au jour le jour. Et puis petit à petit, c’est devenu facile.

Ce n’est qu’un exemple (peut être le plus important avec le sommeil) des difficultés que j’ai rencontrées. Mais au final, je les surmonte une à la fois. Il faut juste envisager les défis jour après jour et ne pas se faire une montagne de ce qu’on imagine être le futur. Oui, on rencontre des difficultés, et c’est fatigant. Mais je trouve qu’on en sort grandie

Etre mère m’a permise de réaliser que j’étais aussi forte (et maintenant, je suis admirative de toutes les mamans). Je me suis rendue compte de toutes les difficultés qu’on pouvait surmonter et tout ce qu’on pouvait faire pour l’amour de son enfant. 

Conclusion

Ce qui est étrange, une fois devenue mère, c’est l’ensemble d’émotions contradictoires qu’on peut ressentir. Je comprends vraiment pourquoi on rapproche cette période à l’adolescence. 

Rester avec bébé Chipmunk presque toute la journée pouvait me sembler pesant et en même temps, j’avais moi-même du mal à me détacher d’elle. Je voulais être sûre qu’elle allait bien et que je pourrais être là pour voir son évolution et ses sourires. 

De la même façon, la maternité a fait ressortir ma fragilité sur certains points, notamment ma difficulté au lâcher prise, la volonté de tout contrôler et mon anxiété face à l’incertitude, et en même temps elle m’a rendu plus forte sur mes qualités d’empathie et d’écoute, ainsi que sur mon ouverture d’esprit. On réalise aussi l’amour qu’on est capable de ressentir pour un être et la responsabilité qu’on assume en tant que parent pour protéger cet être.

Il y a encore plein de points sur lesquels j’espère m’améliorer (je crois que je vais être obligée haha) : ma résistance face à la fatigue et ma capacité à créer une balance entre projets personnels et vie familiale ! Mais ça, on verra plus tard smile

Et vous, que vous a appris le fait de devenir maman ? A bientôt !

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