Asie

15. Trois semaines au Japon – Koyasan

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Sur les conseils du Lonely Planet, nous avons décidé de passer la nuit dans un temple à Koyasan. Il s’agit d’un massif montagneux qui héberge le centre du bouddhisme Shingon. L’endroit était considéré comme suffisamment isolé pour pouvoir apprendre le bouddhisme et méditer en paix. Et c’est vrai que pour y aller, ça prend du temps (au moins une demi-journée). Ensuite, c’est visite de la ville !

Le trajet vers Koyasan

Comme nous continuons à être des génies de l’organisation, nous avons décidé de laisser nos gros sacs à dos à la gare d’Osaka, où nous reviendrons après Koyasan et de ne prendre que le strict nécessaire pour les deux prochains jours. 

La gare d’Osaka possède toute une section de nourriture qui s’appelle le Eki marché et à force de voir des mets, nous n’avons pu nous empêcher de nous arrêter manger des takoyakis. Cette spécialité vient d’Osaka, et c’est mon rôle de touriste d’essayer les takoyakis à Osaka smile. Je ne vois pas trop la différence avec ceux que j’ai mangés à Tokyo mais c’est bon !

Pour aller à Koyasan, nous devons d’abord nous diriger à la gare de Shinamiya. En passant, on continue à manger. On ne s’arrête pas de si bon chemin ! Les gyozas (des raviolis chinois) de la gare sont les moins chers que j’ai pu expérimenter jusqu’à maintenant : 10 gyozas pour 580 yens. Franchement, c’est vraiment économique par rapport à la nourriture fournie.

Et enfin nous pouvons prendre le train vers Koyasan (qui n’est pas géré par le JR pass). Attention, nous n’avions pas fait attention mais nous avons pris le limited Epress, qui est un direct au lieu de prendre le train qui s’arrête plusieurs fois. Ca nous a coûté 850 yens en plus quand le contrôleur est passé.

Arrivée à Koyasan

Koyasan est une petite ville. Il y a vraiment beaucoup de temples, la plupart fondée par des particuliers ou des toutes petites institutions. Le tout crée une atmosphère parfois assez fouillie par rapport à la pléthore de temples, mais toujours sympathique. Les habitants dans les temples sont plus avenants que dans les autres villes visitées et ont souvent envie de discuter. Ça donne son charme à la ville et c’est ce que j’ai surtout retenu.

Nous avons ainsi visité plusieurs temples, parfois minuscules :

  • Sanbo Inn permet d’avoir une mini expérience de la réincarnation. C’est aussi à cet endroit qu’on peut faire des prédictions en tirant une corde.
  • Nous sommes aussi montés à Inari Shrine. C’est peut être le plus petit temple que nous ayons vu,  tenu par 4 personnes dont 2 enfants haha. En partant, ils nous proposent un thé de bienvenu et un origami
  • Le pavillon de Karyukaya Dô m’a marquée par sa capacité à raconter une histoire. Et finalement, je me souviens de ce pavillon ! On suit tout au long temple des tableaux relatant l’histoire d’un père qui a dû abandonner sa femme et son fils et est devenu moine. Lorsque son fils le retrouve, il ne peut pas lui dire qu’il est son père car il doit être détaché de toutes les attaches personnelles. Et pendant 40 ans, père et fils vont vivre ensemble en tant que moines. 

Ce pavillon m’a aussi marquée parce que c’est là que pour la première fois, le moine qui s’occupait du Goshuin nous a fait la conversation (et nous a même serré la main !). Comme je le mentionnais plus haut, l’accueil dans Koysasan dans les petits temples est plutôt bon enfant

Visite de Kongôbu-ji et du Daimon

Nous avons également visité Kongôbu-ji, le monastère principal du bouddhisme. L’endroit est beaucoup plus fréquenté quand dans les autres petits temples et le bâtiment beaucoup plus imposant.

Une jolie allée nous accueille. Le bâtiment est grand et bien entretenu. A l’intérieur, l’allée en bois donne sur plusieurs salles notamment celle où le fils de celui qui a construit le temple Toyotomi Hideyoshi s’est suicidé, mais surtout sur un jardin moderne le plus grand du Japon.

Pour être honnête, Kongôbu-ji ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, même si c’est un des plus importants de la ville et même s’il fait partie des sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les monts Kii de la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Etrangement, j’ai préféré visiter les temples plus petits, complètement atypiques mais qui m’ont permis aussi de mieux appréhender l’atmosphère de la ville. Peut être aussi parce que j’ai plus l’habitude des grands temples de Kyoto ?

Nous partons également visiter le Daimon : la porte principale de Koyasan. Cette grande porte rouge de 25m de haut est l’entrée du mont Koya. Située à l’extrémité de la ville, la couleur rouge se détache bien dans cet endroit désert. Il est peut être un peu tard et la plupart des touristes sont déjà partis. Des grandes statues de 5.5m de haut, les plus grandes du Japon, se tiennent à l’intérieur, gardant l’entrée de Koyasan.

Jimyo-Inn, le temple où nous allons dormir

Nous passerons la nuit dans un temple, celui de Jimyo-Inn.Le fait de dormir dans un temple a été une très bonne idée sur plusieurs niveaux :

  • J’ai adoré l’expérience. On a l’impression d’être dans un ryokan mais avec une dimension plus spirituelle et si l’endroit est véritablement beau et reposant, c’est parce qu’il y a une intention derrière
  • Découvrir la ville plus calmement : la plupart des touristes de Koyasan dorment dans les environs et repartent vers 15h30-16h. Il est ainsi possible de se promener sans monde en fin d’après-midi et début de journée.

Pour dormir dans un temple, il faut en amont du voyage avoir rempli un formulaire sur le site officiel http://eng.shukubo.net/ et avoir donné notre budget et les dates de visite. Dans les 2-3 jours, le site nous avait recontacté pour nous proposer Jimyo-Inn. Sur les 117 temples à Koyasan, 52 offrent l’hébergement. On les appelle des temples Shukubô.

Jimyo-Inn s’est avéré être un temple discret, sans prétention, très joli et calme. C’est étrange de pouvoir s’approcher et se promener près des belles laques qu’on voit habituellement dans les musées.

Nous sommes restés plusieurs instants dans le jardin, à profiter du silence et de la vue des koïs nager dans le bassin. 

le jardin est calme

J’ai été impressionnée par l’expérience. Les moines sont accueillants et extrêmement efficaces.

Le repas végétarien, sans oignon et sans ail est servi dans les chambres et on appelle quand on a terminé le dîner. Le repas est plutôt élaboré : 

  • Les mets sont préparés sur la base de 3 principes : 5 goûts, 5 modes de cuisson, 5 couleurs. 
  • Chaque repas doit comporter 1 met grillé, 1 plat frit, 1 plat mariné, 1 plat à base de tofu et 1 soupe

C’est l’occasion d’essayer le Koya-dôfu (tofu congelé puis séché et qui ressemble à une éponge), et le Goma-Tofu (tofu de sésame)

N’hésitez pas à utiliser aussi leur onsen, super propre. 

Je pense que la seule chose que je regrette, c’est que pour éviter le bruit du radiateur, nous avons éteint le chauffage pendant la nuit. J’avais oublié que nous étions dans les hauteurs et j’ai eu très froid. Je pense que M. Platypus n’a eu aucun mal à dormir, il a ronflé tout de suite comme un petit bébé.

A la prochaine pour le prochain article de notre visite de Koyasan !

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