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Les vacances : les erreurs que je faisais et comment la pleine conscience m’a aidée à les dépasser

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Qui dit été dit vacances ! Et qui dit vacances dit voyages ! smile Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de quelques réflexions sur le voyage. De la façon dont je pouvais les aborder et comment la pleine conscience m’a aidée à dépasser les erreurs que je pouvais faire

Il y a quelques mois, nous étions en voyage pour quelques jours avec Mr Platypus dans la très belle région des Cornouailles.

Je voulais profiter le plus possible des jours que nous avions et j’avais donc apporté un livre de voyage et planifié ce que nous allions voir. Ma recherche n’avait pas été très approfondie, mais j’avais néanmoins à mes côtés une liste de villages considérés comme « à voir » et des restaurants à tester, et nous avions une sorte de planning où les visites s’enchaînaient.

Le paysage était vraiment très joli et pourtant, je sentais que je commençais à être frustrée, sans savoir pourquoi. Quelque chose manquait. On suivait notre planning, on voyait les endroits recommandés par les livres, les blogs ou autres media sociaux, mais je ne m’amusais pas autant que je l’avais espérée. En rétrospective, je crois que je faisais deux erreurs.

Le voyageur voit ce qu’il voit, le touriste voit ce qu’il est venu voir

Gilbert Keith Chesterton

Les voyages et les media sociaux ne font pas forcément bon ménage

Les media sociaux déforment nos attentes des voyages

Nous savons tous que les images des réseaux sociaux ou celles des blogs ont des filtres et nous envoient une version améliorée de ce que les gens voient. Nous savons tous que ce qui nous manque, c’est le contexte dans lequel la photo a été prise : combien de temps et d’effort la prise de la photo a-t-elle nécessité ? A quel point la photo est-elle retouchée ? Combien de jours de pluie ont dû subir les personnes pour avoir une journée de soleil ? Et même si les photos sont très belles, parfois je m’interroge sur le côté bizarre de la prise de la photo : demander à son compagnon de prendre notre dos en photo ou de se reculer pour qu’on puisse voir la pose bizarre qu’on fait ? Bref.

Pourtant, de mon côté, je tombe quand même dans le piège : je veux voir la même chose (en tout cas, c’est la tendance que j’ai). Et au final, il peut m’arriver d’être déçue dans la réalité, parce que dans la réalité, pour avoir un ciel pareil, il faut qu’il ait plu avant, ou alors dans la réalité, il y a une horde de touristes qui attendent pour faire la même photo avec le même point de vue.

Au final, la réalité est toujours différente d’une image bien lisse.

Vouloir montrer la meilleure version de nos voyages

D’autre part, à ce moment là, j’étais sur Instagram. Grosse erreur ! Avoir un réseau social sur moi au moment de mes vacances m’incitait à penser à la photo que j’allais prendre pour qu’elle soit admirée par tous. Je regardais mais sans voir. Je regardais avec la perspective de ceux qui verraient la photo. Qui l’apprécierait ? Qui ferait un commentaire ?

Je pense qu’en étant sur un réseau social, j’attendais qu’elle soit « likée », validée socialement. Et au final, je pensais d’abord à ce que les autres penseraient plutôt qu’à ce que je vivais alors. Et au final, je n’appréciais pas tellement ma ballade parce que je me disais « est-ce que la photo sera meilleure que la précédente » ?

(note : j’ai depuis supprimé ces media sociaux de mon téléphone. Mais je parlerai dans un autre article de ma relation tumultueuse avec les réseaux sociaux)

Surcharger les vacances

La planification des vacances

La deuxième erreur que je réalisais était la planification de toutes mes journées sans laisser vraiment de pauses. J’avais l’impression que si tout était bien organisé, alors nous profiterions à fond de nos journées.

Les listes ont quelques chose de rassurant, mais elles ont le désavantage de créer une certaine charge mentale. Je pensais toujours à l’étape suivante : « où manger ? », « que faire ensuite ? », « par rapport au temps restant, que fallait-il mieux faire ? » . Je pense que j’avais peur de l’oisiveté, de m’arrêter. Il fallait sans cesse être en mouvement. Comme sur une bicyclette, si je m’arrête, je tombe.

Au final, je pensais à la chose à faire après pour pouvoir dire ensuite « j’ai FAIT tel endroit ».

Le burn-out des vacances

On entend souvent parler de burn-out au boulot mais le burn-out des vacances existe. Dans la vie de tous les jours, nous passons notre temps à jongler entre les corvées, les sorties sociales, le boulot. Maintenant, on attend que nos vacances aussi soient remplies parce que ça fait bien.

Quand on demande ce qu’on a fait pendant les vacances, la question sous-jacente est : « est-ce qu’elles en valaient la peine ? ». Comme si plus était synonyme de mieux. On veut tellement bien réussir nos vacances qu’il y a une tension à toujours planifier nos journées et les remplir d’activités. Les attentes sont trop hautes. Dans les Cornouailles, je suis tombée dans le même piège.

Les vacances viennent quand même du mot « la vacance », qui signifie « vide ». C’est un moment où on se retire du monde social, des préoccupations journalières et où on se repose.

Les bienfaits de la pleine conscience pendant les vacances

Prendre conscience de ce que nous voyons

Alors que nous marchions autour du village, un banc est apparu, juste devant la mer. Ce qui a d’abord été un endroit pour se reposer est devenu ce qui a motivé cet article.

Nous sommes restés beaucoup plus longtemps que ce à quoi nous nous attendions. Je n’avais pas envie de partir : je sentais le vent caresser mon visage, j’entendais la mer fouetter le port et les goélands crier au loin, et je regardais les nuages dans le ciel. Et juste rester sur le banc était suffisant.

Ca va paraître bizarre, mais le plus beau souvenir que je garde de notre voyage dans les Cornouailles est ce moment-là. Ce moment où j’étais dans le moment présent et où je ne réfléchissais plus à ce qu’il fallait faire ensuite ou à la photo à partager au monde. J’étais juste là.

La pleine conscience est devenue un mot à la mode et il m’arrive de  penser que son enseignement est simplement un patch pour pallier nos vies débordées et déconnectées avec le présent. J’avais même lu des articles disant que la pleine conscience permettait de devenir plus productif (quel horreur : encore un outil en plus pour nous rendre plus productif !).

Néanmoins, la pleine conscience est ce qui m’a permis de prendre conscience de mon environnement, et de réaliser tous les schémas mentaux. De distinguer ce que je vois au moment présent à ce que je vois à travers mes filtres mentaux.

Laisser de la place pour le calme

Une fois que nous laissons suffisamment de place, il y a deux effets bénéfiques :

  • On laisse la place à la surprise : nous sommes dans un état d’esprit qui nous permet de laisser la surprise intervenir dans notre vie. Nous pouvons décider de nous promener, d’essayer telle chose sans penser au fait qu’on n’ait pas le temps par rapport à notre agenda etc.
  • On donne une autre dimension à ce que nous vivons. Cela me rappelle une interview du réalisateur japonais Miyazaki pour son film « le voyage de Chihiro ». Il évoque un de mes passages préférés du film, dans lequel l’héroïne est avec ses amis dans un train. Pendant 2 min, il n’y a pas de parole mais seulement de la musique. Et nous voyons des personnages entrer et sortir du train.

Décrite ainsi, la scène peut sembler inintéressante, mais je la trouve parfaite. La première fois que je l’ai vue, je ne savais pas pourquoi je la trouvais si belle (même si la musique est superbe). C’est en regardant l’interview du réalisateur qui parlait du mot « ma » qu’il a donné du sens à cette scène. 

« Ma » signifie vide. « If you just have non-stop action with no breathing space at all, it’s just busyness. But if you take a moment, then the tension building in the film can grow into a wider dimension”. Je vous donne ma traduction mais elle n’est pas parfaite: “Si vous avez de l’action non-stop sans espace pour respirer, alors ce n’est que du remplissage. Mais si vous prenez un moment, alors la tension développée dans le film peut prendre une plus grande dimension”.

De la même façon, je pense que dans nos vies ou dans nos vacances, en laissant du vide à nos journées, on laisse de l’espace à ce quelque chose. Et on donne un sens à ce vide.

Conclusion

Je suis loin d’être parfaite. La réalité, c’est que ce banc lors du voyage dans les Cornouailles m’a permis de comprendre que la façon dont je définissais mes vacances ne me permettait pas de les apprécier. Et il m’a permis également de réaliser que j’étais influencée par d’autres

Nous avons tous le choix de définir ce que nous voulons faire dans la journée, de les remplir ou nous. Nous avons également le choix de faire attention à ce que les autres peuvent penser de nos vacances.

En tout cas, la pleine conscience m’a permis d’en avoir conscience et de faire plus attention dans l’organisation de mes vacances.