Billets d'humeur

3 choses qui ont changé depuis mes 30 ans

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Mon anniversaire se rapproche et le cap des 30 ans étant déjà passé (bouah), je ne vais pas écrire sur ce que ça change pour moi. Mais comme j’adore faire des bilans et me poser la question de ce qui a évolué dans ma vie, je me suis dit que j’avais envie de partager sur ce que ça voulait dire « apprendre à être adulte ». Donc aujourd’hui, un petit billet d’humeur sur le cap de la trentaine quand on l’a passé depuis quelques années.

C’est drôle car je trouve que le cap des 30 ans est toujours un peu surfait. Pourquoi pas 26 ? 32 ? 38 ? Néanmoins, il y a peut-être quelque chose de vrai : non pas dans le fait d’avoir 30 ans mais dans le fait de se poser plus de questions à un certain moment de sa vie et de se réinventer en tant que personne.

C’est peut être ça, pour moi être adulte.

Je dirais d’ailleurs que je continue à apprendre à être adulte : apprendre à se défaire des conventions et à faire nos propres choix. Pour ma part, voici les différents axes sur lesquels j’ai évolué.

3 choses qui ont changé depuis que j’ai 30 ans

J’ai redéfini ma définition de “carrière”

La différence entre attentes et réalité

Plus jeune, je définissais ma carrière comme une pente qui ne serait qu’ascendante. C’était mon objectif : travailler beaucoup pour avoir un statut social qui me permette, quand on me poserait la question, de montrer que j’avais « réussi ».

Et puis, finalement, ça ne s’est pas passé comme ça. Je me suis rendue compte que j’allais au boulot à reculons, que ce qui m’excitait le plus était de planifier mes weekends et mes vacances et que quelque chose me laissait insatisfaite.

Et donc j’ai dû me confronter à l’idée que ce n’était pas ça qui me convenait, même si c’est compliqué parce que cela fait 10 ans que je me spécialise en finance.

Mon évolution

Donc j’ai fait un grand pas (aussi grâce au soutien de Mr Platypus) : je suis passée au 4/5ème pour réfléchir et me former à quelque chose qui me correspondrait plus. Même si tous les gens pouvaient se dire que j’avais de la chance de moins travailler, pour moi ce n’était pas une évidence :  

  • j’avais l’impression de perdre un peu mon indépendance (et d’être un boulet dans le couple) en gagnant moins,
  • j’avais l’impression que j’avais fait une halte dans ma carrière, et
  • j’avais l’impression d’avoir failli par rapport aux attentes de mes parents et par rapport à mon parcours scolaire

Mais en même temps, j’ai l’impression de progresser. Pas dans ma carrière, mais dans mes objectifs personnels. J’accepte petit à petit de me dire que certaines carrières toutes tracées ne me correspondent peut-être pas. Et que la carrière comme progression linéaire comme je l’imaginais ne me permettra pas de m’épanouir. Que grandir, c’est aussi réaliser qu’on peut faire autre chose, même si ça passe par un détour. Et je suis ok avec ça.

Mes goûts sont devenus plus simples

Je crois que passé un certain cap, j’ai cessé de me comparer aux autres.  Et c’est bête à dire, mais ça allège d’un poids.

Etre moins sensible aux différentes modes

Tout d’abord, je suis beaucoup moins sensible à la mode. Je pourrais dire que c’est l’effet de l’Angleterre car ils sont tous habillés de façon assez louche je dois dire. Mais même à Paris, j’étais déjà moins influencée par la façon dont les gens s’habillaient. Je ressentais moins le besoin de m’acheter les produits de beauté ou les vêtements que je voyais dans les magasines de mode. Et maintenant, je pense que c’est moi qui dois paraître louche aux yeux de mes anciennes copines…

Etre moins sensible aux achats technologiques

Ensuite, je ressens moins le besoin d’avoir le dernier objet à la mode (téléphone portable, objet high tech etc.). Je ne m’achète plus de portable, je récupère ceux que les autres abandonnent. Si je veux acheter quelque chose (par exemple, nous avons acheté un appareil photo avec M. Platypus l’année dernière), je privilégie l’occasion et je n’ai pas besoin de la dernière version de téléphone.

Mes besoins sont suffisamment simples et mes valeurs sur l’écologie et la société de consommation suffisamment fermes pour ne pas ressentir l’envie d’avoir ce que la publicité ou les dernières avancées technologiques proposent.

Avoir des loisirs plus simples

Enfin, même en termes de sorties entre amis, je pense que mes goûts se sont simplifiés. Nous proposons plus facilement des balades ou des soirées chez les uns ou les autres qu’avant. Je ne cracherai pas sur mes anciennes années où j’allais souvent au cinéma ou au restaurant. Mais j’apprécie maintenant encore plus nos soirées jeux de société ou quand on profite du soleil pour découvrir les alentours de Bristol.  

Conclusion

Au final, j’ai changé ma définition du bonheur. Comme je le disais plus haut, j’ai cessé aussi de me comparer aux autres, et ce qu’ils peuvent rechercher n’est peut-être plus ce que je recherche. Donc pourquoi chercher à atteindre leur but ?

J’ai l’impression que je me fais plus confiance dans la perception de ce que j’aime, et je me rends compte que mes satisfactions sont assez simples : j’éprouve de la satisfaction quand j’apprends une langue étrangère (et pourtant, c’est une activité assez fastidieuse quand on y pense), quand je lis ou simplement au contact de mes proches, même si on ne fait rien.

Mon idéal de vie paraît ennuyeuse, mais je suis ok avec ça.   

J’ai appris à vivre en couple

Bon, ça, j’imagine que toute personne se mettant en couple à long terme passe par là : apprendre à être en couple et définir son propre fonctionnement. Mais vu que c’est arrivé tardivement de mon côté, c’est un pan de ma vie que je ne peux négliger dans cet article.

Apprendre à penser à deux

Pour certains penser comme un couple est une évidence. Je vais le dire tout de suite, pour moi ce ne l’était pas du tout smile

Je suis très attachée à mon indépendance, à mon espace à moi, à ne pas me définir uniquement comme “la femme de”.

C’est aussi pour ça que vivre en couple est une évolution majeure. Car je dois faire le tri entre mes idées d’émancipation par rapport finalement à la réalité.

Des choix qui amènent aux réflexions extérieures

Vivre en couple, c’est non seulement partager un espace commun, mais c’est aussi appréhender un fonctionnement à soi.

Et c’est vrai que je me rends compte qu’on peut être souvent pollué par les réflexions des autres, les conventions sociales, nos propres idéaux tirés de l’image qu’on a de ses parents. Etre adulte, c’est aussi assumer ses propres choix en termes de couple.

  • Ne pas vivre ensemble avant le mariage : c’est vrai au’il s’agit moins d’un choix de principe de M. Platypus ou de moi de ne pas vivre ensemble avant le mariage que des conditions logistiques qui se sont imposées. Néanmoins, même si parfois certains ont fait la réflexion qu’on ne connaissait pas la personne avant de vivre avec elle, je suis contente d’avoir fait ce choix.
  • Ne pas prendre le nom de famille de Mr Platypus : Mr Platypus n’avait aucun avis dessus et de plus en plus de femmes font ce choix-là. Ce n’est pas parce que je ne veux pas qu’on forme une famille mais parce que si je rajoutais son nom, je voulais que ce soit réciproque. Et parce que je ne veux pas perpétuer la tradition du droit de propriété de l’homme par la femme. Au final, aucun de nous l’a fait et je ne prends pas mal les réflexions « ah oui, c’est parce que tu es féministe »
  • Ne pas avoir d’enfant tout de suite : ne pas essayer à avoir des enfants, même quand on est marié et qu’on a plus de 30 ans est un choix. Ça ne veut pas dire que je n’essaierai jamais mais ce n’est pas parce que je me suis mariée que je dois respecter la tradition tacite d’avoir des enfants dans les 12 mois qui suivent. J’avoue que c’est peut être le choix le plus “controversé” car j’ai l’impression qu’il faut à chaque fois se justifier sur ce sujet

Conclusion

J’ai voulu faire un post sur les choses qui avaient changé pour moi ces dernières années. Se poser des questions sur ce qu’on aime ou pas, sans chercher l’approbation de sa famille et même si c’est ce n’est pas exactement dans la norme sociale, est un travail continu. Je suis plus consciente aussi de ce besoin d’approbation. Au final, c’est un apprentissage d’être adulte smile.

Mais je crois aussi qu’on ne se définit pas uniquement par nos choix passés. Etre adulte, c’est aussi savoir qu’on peut se réinventer. Comme dans l’exemple du garçon de café dans le texte de Sartre, qui joue à être le garçon de café pour ne pas avoir à éprouver sa liberté, je pense que ce qui peut être angoissant, c’est de savoir qu’on est liberté avant tout, et que nous nous définissons à chaque instant de notre vie.

D’ailleurs, les choses que j’ai pu mentionner dans cet articles ne sont pas figées à tout jamais. Même mes articles sont soumis à l’impermanence smile

Et vous, qu’est-ce qui a évolué pendant la trentaine ? Quels sont les conseils que vous donneriez ?

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