Grossesse

Ma lecture de Ina May’s guide to childbirth (le guide de la naissance naturelle)

Reading Time: 7 minutes

Ina May’s guide to childbirth (traduit en Français : le guide de la naissance naturelle) : une de mes lectures grossesse que j’ai adoré au point que je me suis dit que c’était une bonne idée d’en parler plus longuement dans un article entier pour vous le faire découvrir. Quelque soit les choix d’accouchement (même si, vous l’avez deviné avec le titre, Ina May est en faveur de l’accouchement naturel et quelques propos peuvent aller à l’encontre des routines médicales faites actuellement), on apprend des choses. Et surtout, l’auteure nous rappelle que nous pouvons avoir confiance en notre corps de femmes pour accoucher !

Ina May’s guide to childbirth

  • Auteur : Ina May
  • Edition : Bantam
  • Date de parution : 19/11/2018

Présentation du livre

Tout d’abord, Ina May est une sage-femme, qui avec son conjoint a mis en place une “structure” dans les années 70, The Farm, où les femmes puissent accoucher naturellement. Dans le livre, on y trouve beaucoup de références, notamment sur les résultats d’accouchements là bas.

Première partie

La première partie du livre est dédiée à des témoignages d’accouchements dans la fameuse structure appelée “The Farm”.

De prime abord, j’avoue que j’étais un peu sceptique. Je me disais que ce serait des témoignages idylliques de femmes qui n’ont pas eu mal et pour lesquelles l’accouchement s’était bien passé.

Il y a une partie de vrai, car effectivement, ce sont des récits dans lesquels l’accouchement naturel se passe bien. Mais j’ai quand même beaucoup apprécié lire ces récits car ils ne sont pas édulcorés.

Tout d’abord, ils montrent la pluralité des situations et des façons d’accoucher. Il n’y a pas une seule façon d’accoucher et quelque soit la façon, chaque femme a réussi à vivre cet événement pleinement.

D’autre part, les femmes ici évoquent leur douleur, pour certaines l’envie d’abandonner, leur sensation de brûlure à l’approche du bébé. Mais le fait qu’elles aient surmonté cette douleur, qu’elles se soient abandonné à une certaine confiance à la fois de leur corps et des êtres qui les soutenaient, est très inspirant. 

Deuxième partie

La deuxième partie est plus “théorique” et balaie les différents sujets sur la naissance naturelle :

  • La connexion entre l’esprit et le corps : comment l’acte d’accouchement est influencé par notre propre esprit
  • Une description des différentes étapes de la naissance
  • Les a priori qu’on peut avoir sur la naissance naturelle, notamment sur la douleur. Comment se fait-il que dans certains pays, par exemple le Japon ou les Pays-Bas, les taux de femmes ayant recours à l’anesthésie soient si bas par rapport à d’autres pays comme les Etats Unis ? Alors qu’elles éprouvent et/ou s’attendent à éprouver la même douleur ?
  • Une description du fonctionnement des sphincters. Ina May récuse l’idée que des accouchements trop longs s’expliquent par la loi des 3 P, utilisée en médecine moderne : soit que le bébé (the “Passenger”) est trop gros, que le vagin (the “Passage”) est trop petit ou que les contractions (“Powers”) sont mal faites. Elle met en évidence les chiffres à The Farms par rapport aux hôpitaux traditionnels et montre que le cas où le bébé est trop gros sont vraiment très rares. Elle nous aident à mieux comprendre comment fonctionnent nos sphincters, que ce soit le sphincter excréteur, cervical ou vaginal) 
  • Une description des deux types de soins qu’on peut avoir : l’un basé sur le modèle des sages-femmes et l’autres sur le modèle “techno-médical”. Le premier évidemment donnent des résultats sans commune mesure : 85 à 95% des femmes utilisant le premier modèle donnent naissance sans avoir recours à des instruments comme les forceps. Le deuxième est basé sur des tests (de l’ultrason au prénatal Rhogam) qui ont des avantages mais aussi des inconvénients dont il faut avoir conscience.
  • Une description au début de l’accouchement des procédures d’inductions à l’accouchement faites pour des raisons non médicales et les effets négatifs que n’évoquent pas le corps médicales. D’ailleurs, il y a des méthodes naturelles pour inciter le déclenchement d’un accouchement : les relations sexuelles, des stimulations des seins ou l’huile de castor ! De même le livre mentionne les différentes procédures à refuser (le rasage du pubis, le lavement, ou le jeûne non volontaire notamment)
  • Les différents conseils au moment de donner naissance et encore une fois, quelles sont les méthodes antidouleurs utilisées par la médecine moderne et quel sont les avantages et inconvénients
  • La peur, ancrée en soi, d’avoir un vagin trop petit alors que non, le corps peut croître à un point dont on n’a pas conscience. L’épisiotomie n’est pas forcément une nécessité 
  • Les points qu’il faut avoir en tête lors de la 3ème phase de la naissance et la période de post partum
  • Les derniers chapitres sont plus orientés sur les Etats Unis, notamment sur les taux beaucoup plus bas de complications ou de mortalité avec le système basé sur les sages-femmes par rapport à la médecine moderne, sur la mortalité des femmes pendant l’accouchement aux USA qui n’a pas baissé. Ina May évoque notamment l’introduction de certaines procédures qui ont créé des complications (c’est bon à savoir si on vous le propose) ou la sélection des soignants et les questions qu’on peut leur poser. Malheureusement en Angleterre, il n’y a pas de choix haha
  • Enfin, c’est bon à savoir même si cela ne me concernait pas : la possibilité de faire un accouchement vaginal après une césarienne  

Mon avis

Je vous l’ai déjà dit, j’ai beaucoup aimé le livre

Le ton du livre

J’ai d’abord apprécié le ton du livre. Il est à la fois bienveillant, nous éclaire sur la confiance qu’on peut avoir en nous-mêmes. Et surtout, le livre est bien documenté (un peu plus que ceux que j’avais lus jusqu’à présent). Les propos ne sont pas uniquement fondés sur des études universitaires mais aussi sur des observations de sage femme ou des écrits de docteurs des siècles précédents. La sage femme américaine relie ses écrits avec ses propres expériences et des exemples de la nature 

Des pistes pour mieux vivres son accouchement

J’ai été très intéressée notamment sur le lien entre le corps et l’esprit et comment on trouve des exemples de femmes dont le cervix pouvait s’ouvrir avec un environnement bienveillant et se refermer dès qu’il sentait un danger. Forcément, cela donne matière à réflexion sur le fait qu’on peut travailler sur son environnement (ou en tout cas réfléchir sur ce qu’on veut)

Je reconnais aussi que souvent la peur de la douleur et de la déchirure peuvent me terroriser

Là encore, si la douleur existe bel et bien – et on le voit dans les témoignages de la première partie du livre -, les femmes ne se concentrent pas dessus. Cette douleur fait partie de la nature et ne pas avoir peur d’elle peut libérer. D’ailleurs, il existe des accouchements sans douleurs et des naissances orgasmiques ! D’autre part, utiliser les anesthésiants recule simplement la douleur, qu’on éprouve une fois le bébé né. 

Ensuite, en connaissant un peu mieux le fonctionnement des sphincters, on peut aussi se libérer des présupposés sur notre corps qui ne serait pas “suffisant” pour accoucher. J’ai trouvé très intéressant le chapitre sur le vagin et les épisiotomies car Ina May rappelle que oui, un bébé peut sortir de cet endroit dont on a l’impression qu’il est tout petit, car oui, notre corps peut croître.

Les conseils que j’espère mettre en application lors de mon accouchement

  •  Privilégier les atmosphères intimes et privées (oui, les sphincters peuvent se refermer si la personne est inquiète, stressée ou embarrassée)

  • Se concentrer sur la confiance et l’amour que je peux avoir à mes côtés

  • Relâcher ma bouche et ma mâchoire tout en ne forçant pas au moment des poussements (le “crowning” en anglais) : rire, chanter en particulier des notes basses, faire le bruit du cheval, faire un soupir au moment de l’expiration, faire un son suffisamment bas pour faire vibrer la poitrine…

  • Faire des longues et profondes respirations

  • Pouvoir me mouvoir librement

  • Prendre mes propres habits pour la maternité

  • Boire régulièrement et faire pipi

  • Penser à prendre un bain ou une douche si la poche des eaux ne s’est pas cassée

  • Me rappeler qu’il y a un côté primitif et sexuel dans la naissance

  • Demander des massages

  • Me faire des visualisations (par exemple d’un animal ou un mammifère) ou des mantras

  • Au moment de pousser, le faire seulement quand le besoin arrive et quand la tête du bébé est sur le point de sortir, ralentir les poussées  

Le livre rappelle l’importance de la nutrition pendant la grossesse

J’ai aussi beaucoup appris de choses sur l’accouchement. Evidemment, vous pourrez beaucoup d’informations sur les cours anténataux (malheureusement, avec le coronavirus, les nôtres ont été annulés…). Mais il rappelle aussi notre côté animal et la confiance qu’on peut avoir dans notre corps. Il mentionne l’importance de suivre notre instinct et de revenir à notre côté “primate” qui ne se pose pas de question. 

Conclusion

Même si j’ai été assez détaillée sur tout ce que j’avais appris dans le livre, je pense que le mieux c’est de le lire smile

Vraiment, c’est un livre qui rassure sur le corps féminin et en le fermant, on se dit que c’est possible d’avoir un accouchement naturel. Le livre n’édulcore pas du tout la douleur qu’on pourra éprouver mais il rappelle que cette douleur a peut-être une signification et que c’est en acceptant la part animale en nous et en accueillant la douleur, qu’on peut passer le cap.

Enfin, il évoque la joie ou le côté orgasmique que certaines femmes éprouvent en accouchant (élément sur lesquels on ne parle pas du tout.

Après la lecture du livre, je me suis même posée la question pour faire un accouchement à domicile plutôt qu’à l’hôpital ! Malheureusement, j’ai évoqué le sujet avec ma sage femme et nous étions en pleine période de coronavirus : les accouchements à domicile étaient annulés pour les 3 prochains mois…

On peut lui reprocher d’être anti-médecine moderne. Et c’est possible. 

On peut aussi lui reprocher de ne pas donner confiance aux hôpitaux modernes (même si elle dit bien que les hôpitaux varient beaucoup et que même si certains se présentent comme modernes, ils permettent tout à fait l’accouchement naturel). 

On peut lui reprocher d’être orienté sur des statistiques et une approche américaines. Mais évidemment, c’est normal car ce livre s’adresse avant tout à des pratiques faites aux Etats-Unis.

Enfin, certains points peuvent paraître un peu datés. Effectivement, c’est un livre qui date de 2003 et certains conseils (le peau à peau, le fait de demander à couper le cordon une fois qu’il a cessé de battre etc.) sont rentrés dans les moeurs depuis quelques années maintenant. Mais c’est toujours bien de les relire !

Quoi qu’il arrive, de mon côté, c’est un livre que je conseille à tout le monde !

Et vous ? L’avez-vous lu ? Qu’en avez vous pensé ?

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